Le rituel se répète depuis trois semaines. Will Weaver (38 ans) dirige le Paris Basketball toute la semaine. Mais à l’heure d’entrer sur le parquet, l’entraîneur américain change de costume et laisse ses fonctions à Bienvenu Kindoki (42 ans). Assis derrière son assistant, l’ancien coach de Long Island, la franchise de G-League affiliée aux Brooklyn Nets, ne peut pas se lever pour crier des consignes ou participer aux temps-morts.
Car sur les feuilles de match, Weaver n’est pas l’entraîneur principal. En dehors d’un crochet à Sydney (2019-2020), le natif d’Austin, n’a connu que le sol américain depuis le début de sa carrière. Nommé le 25 juillet à Paris, il devait obtenir une équivalence de diplôme pour entraîner en France.
Dix semaines plus tard, le dossier est toujours au ministère des Sports, seul habilité à décerner le précieux sésame. Un blocage administratif qui agace David Kahn. « Dès l’instant où Will Weaver a été engagé, nous avons travaillé de manière diligente pour remplir les conditions et réunir les documents nécessaires à sa qualification. Les difficultés que nous rencontrons sont dommageables et affectent notre niveau de performance sportive. Nous avons le sentiment de subir un processus inadapté au sport professionnel qui devra être réparé à l’avenir pour les futures équipes et coaches qui seront confrontés à cette situation, déplore l’ancien président des opérations basket aux Minnesota Timberwolves (2009-2013). Il est embarrassant d’imaginer que si nous avions engagé Gregg Popovich (entraîneur historique de San Antonio), il aurait dû traverser exactement le même processus pour coacher en France. »
Sasa Obradovic et Zvezdan Mitrovic peuvent témoigner. Malgré un CV garni de titres, les techniciens serbe et monténégrin avaient vu leurs débuts en France retardés par le même problème administratif : six mois pour Mitrovic en 2015, quatre semaines pour Obradovic en 2019.
Après avoir envoyé une première fois ses pièces justificatives, le club parisien a été contacté mi-septembre par le ministère – qui n’a pas répondu à nos sollicitations – et a dû envoyer les empreintes digitales de son coach au FBI pour récupérer une garantie de casier judiciaire vierge et l’ajouter au dossier. En déplacement à Limoges ce soir (20h), dans un duel entre deux équipes à trois défaites en trois matches, Weaver devra encore rester assis derrière Bienvenu Kindoki.
Mais Paris espère bientôt apercevoir une fumée blanche au-dessus du dossier de son coach. La Commission de reconnaissance des qualifications (du ministère des sports) se réunit le 11 octobre, cinq jours avant l’événement du début de saison parisien : le match à Roland-Garros contre Monaco.
Will Weaver, le coach du Paris Basketball, toujours en salle d'attente – L'Équipe









